J’ai eu le privilège de prendre part, les 9 et 10 septembre 2026 à Cotonou, au Séminaire ministériel de haut niveau sur les Femmes, la Paix et la Sécurité, organisé dans le cadre du Processus de Swakopmund, sous l’égide de l’Union africaine et de son Conseil de paix et de sécurité.
C’est avec beaucoup de fierté et de responsabilité que j’ai participé à cette importante rencontre, à la fois en qualité de membre du comité d’organisation et de panéliste lors de la Session III consacrée aux femmes dans l’alerte précoce, autour du thème : « Renforcer la participation effective et l’influence des femmes dans toute la chaîne de prévention des conflits ».
En tant qu’Officier supérieur de Police, j’ai souhaité porter une conviction née du terrain : l’alerte précoce n’a de véritable valeur que lorsqu’elle permet une action préventive efficace, une détection, une répression et une meilleure protection des droits humains.
Les femmes qui œuvrent au quotidien au sein des forces de sécurité, de la justice, de l’action sociale et des communautés sont souvent en premières pour observer les tensions, les violences, les déplacements de populations, les fractures sociales et les signes annonciateurs de crises.
Officiers de police judiciaire, magistrates, assistantes sociales, professionnelles de la justice et de la sécurité, actrices communautaires : leurs constats, leurs rapports, leurs analyses et leur connaissance fine du terrain constituent une source précieuse pour éclairer la décision publique, adapter les réponses institutionnelles et, lorsque cela est nécessaire, faire évoluer les politiques et les cadres législatifs.
Cette expertise de terrain contribue également à une meilleure réponse face aux nouvelles menaces, notamment la criminalité transnationale organisée, l’extrémisme violent et les différentes formes de violences qui affectent particulièrement les femmes et les enfants.
La coopération policière et judiciaire internationale, le partage d’informations et de bonnes pratiques, y compris à travers les mécanismes de coopération, constituent à cet égard des outils importants pour mieux comprendre les modes opératoires criminels, anticiper les menaces et renforcer notre capacité collective de prévention et de protection.
Cette rencontre m’a surtout permis de mesurer combien le combat pour la paix est aussi un combat pour le changement des mentalités.
J’ai eu le grand plaisir de rencontrer et d’échanger avec de grandes femmes de l’Union africaine et du continent, engagées corps et âme pour faire progresser l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité : promouvoir une plus grande participation des femmes aux processus de paix et de décision, défendre leurs droits, prendre en compte leurs besoins spécifiques liés au genre, lutter contre les violences et promouvoir une masculinité positive, fondée sur le respect, la responsabilité et l’égalité.
Ces échanges nous rappellent une évidence : les femmes ne doivent pas être considérées uniquement comme des victimes des conflits. Elles sont aussi des actrices, des sentinelles, des décideuses, des médiatrices et des bâtisseuses de paix.
Je voudrais exprimer ma profonde gratitude à Madame la Ministre des Affaires étrangères de la République du Bénin, pour m’avoir associée à cette importante initiative et pour la confiance accordée.
Et quelle fierté de voir le Bénin accueillir un événement continental de cette envergure, consacré à un agenda aussi essentiel pour l’avenir de notre continent.
Au-delà des échanges et des recommandations, je repars de ce séminaire avec une conviction forte :
> Investir dans les femmes, écouter leur voix et valoriser leur expertise de terrain, c’est investir dans notre capacité collective à prévenir les crises, à combattre la criminalité, à protéger les droits humains et à construire une paix durable. 🇧🇯🌍



























