DE LA PORTE DU NON-RETOUR À LA PORTE DU RETOUR : UNE MÉMOIRE QUI NOUS RASSEMBLE
Le 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (JISTNA), j’ai eu l’honneur de prendre part, à Ouidah, à cette importante commémoration placée sous le signe du Retour.
De la Porte du Non-Retour à la Porte du Retour, le Bénin continue d’assumer son devoir de mémoire et de faire de cette histoire douloureuse un espace de dialogue, de transmission et de réconciliation.
La JISTNA 2026, organisée les 22 et 23 août à Ouidah, a été ponctuée de plusieurs temps forts : marche mémorielle sur les routes empruntées par les personnes mises en esclavage, conférence inaugurale, panels de réflexion, discussions croisées, atelier « Tissus des ancêtres », causeries-débats, concerts etc.
Un moment particulièrement symbolique a été consacré à la remise officielle des documents de citoyenneté à des Afro-descendants naturalisés béninois par le Ministère de la Justice et de la Législation. Un geste qui donne un sens tout particulier au thème du « Retour » : après des siècles de séparation forcée, la mémoire devient aujourd’hui un chemin de reconnexion avec la terre des ancêtres.
À Ouidah, l’émotion était palpable.
Des Afro-descendants venus notamment d’Haïti, de Guadeloupe, des États-Unis, du Brésil et d’autres horizons de la diaspora sont revenus sur cette terre d’origine pour honorer la mémoire de leurs ancêtres et renouer avec une histoire longtemps marquée par la douleur, l’arrachement et l’exil. Le Bénin s’est progressivement affirmé comme un espace majeur de cette reconnexion entre l’Afrique et sa diaspora.
Face à la Porte du Non-Retour, symbole d’une séparation brutale et définitive, la Porte du Retour porte désormais un autre message : celui de la mémoire retrouvée, de la dignité restaurée, de l’identité assumée et des liens renoués.
Le devoir de mémoire nous oblige à transmettre cette histoire aux générations futures.
Il nous oblige à honorer celles et ceux qui ont subi cette tragédie.
Il nous oblige surtout à défendre, partout et toujours, la dignité, la liberté et l’égale valeur de chaque être humain.
En ma qualité d’experte internationale de la criminalité transnationale organisée et plus spécifiquement, la lutte contre la traite des personnes qui n’est rien d’autre que l’esclavage moderne, ce pan de l’histoire m’intéresse.



























