Face aux Violences faites aux femmes à caractère transnational, la coopération judiciaire est au cœur de la réponse.

Du 20 au 21 août 2026, deux jours d’échanges, de partage d’expériences et de renforcement des capacités autour d’un enjeu majeur : mieux répondre aux violences basées sur le genre lorsqu’elles franchissent les frontières.

Les violences basées sur le genre ne connaissent pas toujours de frontières. Lorsqu’elles sont liées à des réseaux criminels organisés, leur prévention, leur répression et la protection des victimes peuvent nécessiter une coopération étroite entre plusieurs institutions, mais également entre différents États.

C’est tout l’enjeu de l’atelier consacré aux violences basées sur le genre, à la coopération et à l’entraide judiciaire, qui a réuni pendant deux jours plusieurs acteurs intervenant dans la chaîne de prévention, de protection et de justice.

Magistrats, officiers de police judiciaire, avocats, greffiers, représentants des structures de protection et d’accompagnement du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, de l’Institut national de la Femme, ainsi que des représentants des organisations de la société civile et des ONG ont pris part à cette rencontre.

Comprendre pour mieux agir

L’un des principaux objectifs de l’atelier était de permettre aux différents acteurs de mieux s’approprier les mécanismes de coopération et d’entraide judiciaire pouvant être mobilisés face aux situations de VBG présentant une dimension transnationale.

La question est particulièrement importante lorsque les violences sont liées à des phénomènes de criminalité transnationale organisée, notamment la traite des personnes, le trafic illicite de migrants, la piraterie maritime, les crimes environnementaux, le terrorisme et d’autres formes de criminalité organisée.

Dans de telles situations, une affaire peut impliquer plusieurs territoires, plusieurs systèmes judiciaires et plusieurs catégories d’acteurs. La recherche de la vérité et la protection des victimes peuvent alors dépendre de la capacité des institutions à échanger des informations, recueillir des éléments de preuve, identifier les auteurs, localiser les personnes recherchées et accomplir efficacement les actes de procédure nécessaires au-delà des frontières nationales.

Une réponse qui doit être collective et intégrée

L’un des enseignements majeurs de ces deux journées est que la lutte contre les VBG exige une approche globale.

La justice et les forces de sécurité jouent évidemment un rôle central, mais elles ne peuvent agir seules. La prise en charge des victimes, leur protection, leur accompagnement social et juridique ainsi que la prévention nécessitent l’implication de l’ensemble des acteurs concernés.

La présence autour d’une même table des magistrats, OPJ, avocats, greffiers, structures sociales, Institut national de la Femme et organisations de la société civile a ainsi permis de favoriser le dialogue et de renforcer la compréhension mutuelle des responsabilités de chacun.

Cette approche multisectorielle est essentielle pour construire une réponse cohérente, efficace et centrée sur les droits et la dignité des victimes.

La coopération judiciaire, une arme contre l’impunité

Lorsque la criminalité organisée dépasse les frontières, les réponses doivent elles aussi pouvoir dépasser les frontières.

L’entraide judiciaire internationale constitue à cet égard un instrument essentiel pour permettre aux autorités compétentes de travailler ensemble et d’éviter que les frontières ne deviennent un obstacle à la manifestation de la vérité ou à la poursuite des auteurs d’infractions.

L’atelier a donc constitué un espace important de formation, de partage d’expériences et de consolidation des synergies entre les différents acteurs.

Au-delà des connaissances acquises, il s’agit surtout de renforcer une culture de la coopération : mieux communiquer, mieux coordonner les actions et mieux utiliser les mécanismes juridiques disponibles pour protéger les victimes et lutter contre l’impunité.

Vers une coopération plus forte

Dans un monde marqué par une mobilité croissante des personnes et par l’internationalisation des réseaux criminels, le renforcement des capacités nationales et de la coopération internationale apparaît plus que jamais nécessaire. La lutte contre les VBG à caractère transnational appelle donc une mobilisation collective et durable.

Parce qu’aucune frontière ne devrait constituer un refuge pour les auteurs de violences et qu’aucune victime ne devrait être laissée sans protection en raison du caractère transnational de l’infraction.

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