Coopération policière et coopération judiciaire : deux maillons d’une même chaîne au service d’un monde plus sûr et plus juste

07 septembre, Journée internationale de la coopération policière

À l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière, je voudrais adresser mes chaleureuses félicitations à l’ensemble de la communauté policière internationale, engagée au quotidien pour la sécurité de nos sociétés et la protection de nos concitoyens.

Cette journée constitue également une belle occasion de rappeler que, face à une criminalité de plus en plus organisée, agile, complexe et transnationale, aucun État ne peut agir efficacement seul. La coopération internationale est devenue une nécessité et, plus particulièrement, la coopération policière et la coopération judiciaire doivent être pensées comme deux dimensions complémentaires d’un même combat.

Mon parcours m’a donné l’opportunité d’être au cœur des mécanismes de coopération policière, mais également de la coopération judiciaire internationale. Ces expériences m’ont profondément convaincue d’une réalité essentielle : la lutte contre la criminalité transnationale organisée ne peut être pleinement efficace que lorsque Policiers, Magistrats et autres acteurs de la chaîne travaillent en étroite collaboration. Il s’agit d’une complémentarité dans l’action.

C’est précisément cette complémentarité que je m’efforce de concrétiser dans mes fonctions actuelles de Directrice de la coopération et de l’entraide judiciaires, à travers des activités qui réunissent régulièrement plusieurs acteurs, avocats, magistrats, officiers de police judiciaire, greffiers, huissiers de justice et autres acteurs appelés à jouer un rôle clé dans les processus de coopération et d’entraide judiciaires.

L’objectif est de créer et de consolider des passerelles entre les différents maillons de la chaîne, afin que chacun comprenne mieux le rôle, les contraintes et les exigences des autres. Car une coopération efficace ne repose pas uniquement sur l’existence de textes et de mécanismes juridiques. Elle repose également sur la confiance, la connaissance mutuelle, la disponibilité des acteurs et la capacité à communiquer rapidement et efficacement.

Cette volonté d’établir des passerelles toujours plus étroites entre coopération policière et coopération judiciaire s’est notamment illustrée la semaine dernière à Porto-Novo, à travers l’organisation d’un atelier multisectoriel de simulation sur les mécanismes de coopération et d’entraide judiciaires du 02 au 04 septembre 2026.

Cet exercice a réuni différents acteurs de la chaîne pénale autour de cas pratiques inspirés de situations réelles. Il nous a permis de confronter nos expériences, de partager des informations et des bonnes pratiques, mais surtout de mieux comprendre les contraintes et les exigences propres à chaque maillon de la chaîne. De tels exercices sont précieux, car ils permettent de passer de la théorie à la pratique et de construire, au-delà des institutions, des réflexes communs de coopération.

Police et justice : l’interconnexion en pratique

Cette interconnexion entre coopération policière et coopération judiciaire n’est pas seulement théorique : elle se vérifie quotidiennement dans la pratique.

La Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée encourage les États à renforcer la coopération et l’échange d’informations dans la lutte contre la criminalité transnationale, notamment en s’appuyant, lorsque cela est approprié, sur les réseaux et capacités de coopération policière internationale.

Cette complémentarité est particulièrement manifeste en matière d’extradition. Lorsqu’un fugitif recherché par la justice d’un État se trouve à l’étranger, les mécanismes de coopération policière internationale, notamment les outils d’INTERPOL tels que la notice rouge, peuvent jouer un rôle déterminant pour faciliter sa localisation et son interpellation, dans le respect du droit applicable, en vue de permettre ensuite la mise en œuvre des procédures judiciaires appropriées.

Ainsi, dans de nombreux dossiers, l’action policière internationale peut constituer le point de départ indispensable à l’action judiciaire, tandis que la procédure et la décision judiciaires fournissent le cadre juridique nécessaire à la poursuite de cette action.

Cette réalité démontre combien les deux systèmes sont interdépendants. La coopération policière facilite la circulation de l’information et l’action opérationnelle ; la coopération judiciaire permet de donner à cette action les suites juridiques appropriées. L’efficacité de l’une renforce donc nécessairement l’efficacité de l’autre.

La contribution essentielle des femmes

En cette journée, je voudrais également saluer le rôle prépondérant que jouent les femmes dans la coopération policière internationale.

De plus en plus nombreuses à investir les différents métiers de la sécurité et de la justice, elles contribuent, avec professionnalisme, détermination et abnégation à renforcer les réseaux de coopération, à faciliter le dialogue entre les institutions et à promouvoir des approches davantage inclusives et sensibles aux réalités des populations.

À toutes ces femmes, j’adresse un hommage particulier et toute ma reconnaissance.

Il nous appartient collectivement de continuer à promouvoir leur participation, leur leadership et leur pleine implication dans les espaces de décision et les mécanismes internationaux de coopération.

Merci à tous nos partenaires

Je voudrais enfin saisir cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude à tous les acteurs et partenaires, au Bénin et partout ailleurs dans le monde, qui m’accompagnent et collaborent au quotidien pour le plein succès des missions du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaires du Bénin.

À vous, acteurs de la coopération judiciaire et de la coopération policière, magistrats, officiers de police judiciaire, avocats, huissiers de justice, ainsi qu’à tous ceux qui, dans leurs domaines respectifs, contribuent à faire vivre cette coopération, je dis merci pour votre disponibilité, votre confiance, votre engagement et votre précieuse collaboration.

En définitive, la coopération policière et la coopération judiciaire ne doivent pas évoluer en silos. Elles constituent deux maillons complémentaires d’une même chaîne, au service de la sécurité, de la justice et de la protection des personnes.

Face aux réseaux criminels qui ignorent les frontières, notre réponse doit, elle aussi, dépasser les frontières institutionnelles.

Continuons à travailler ensemble, dans la confiance et la complémentarité, pour un monde plus sûr, plus juste et pour une meilleure protection des droits humains.

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