Journée internationale des Droits des femmes, mars 2026.

Journée internationale des Droits des femmes, mars 2026.

Droits Justice Action pour toutes

Un engagement renouvelé pour l’égalité et la dignité des femmes

Chaque année, la Journée internationale des droits des femmes nous invite à faire une pause collective pour mesurer le chemin parcouru, mais aussi pour regarder avec lucidité les défis qui restent à relever.

Le thème retenu cette année est : « Droits JusticeAction pour toutes » nous rappelle une réalité essentielle : les droits des femmes ne doivent pas rester de simples déclarations d’intention. Ils doivent se traduire par des politiques publiques efficaces, des institutions fortes et des actions concrètes qui garantissent à chaque femme et à chaque fille la dignité, la sécurité et l’égalité des chances.

Dans un monde confronté à des défis multiples conflits, criminalité transnationale, violences basées sur le genre, inégalités économiques, la promotion des droits des femmes n’est pas seulement une question d’équité. Elle est une condition essentielle de paix, de justice et de développement durable.

Comme l’a souligné Michelle Bachelet :

« Les droits des femmes sont des droits humains. Lorsqu’ils sont respectés, c’est toute la société qui progresse. »

Les droits des femmes : un combat universel

Au cours des dernières décennies, des progrès significatifs ont été réalisés à travers le monde dans la reconnaissance et la protection des droits des femmes. De nombreuses réformes juridiques ont permis de renforcer l’égalité devant la loi, de sanctionner les violences basées sur le genre et de promouvoir la participation des femmes à la vie publique. Au Bénin, des progrès réels ont été enregistrés ces dernières années dans la promotion des droits des femmes, même si des défis subsistent encore. Ces avancées concernent notamment la participation politique des femmes, leur nomination à des postes de responsabilité dans l’administration publique,  , les réformes juridiques et institutionnelles, l’autonomisation économique et l’évolution des mentalités.

Cependant, dans de nombreuses régions du monde, les femmes continuent de faire face à des discriminations structurelles, à des violences et à des obstacles persistants dans l’accès à la justice, à l’éducation ou aux opportunités économiques.

Dans ce contexte, l’engagement des institutions publiques, des organisations internationales et de la société civile demeure essentiel.

Comme le rappelait Eleanor Roosevelt, l’une des grandes architectes de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Les droits humains commencent dans de petits endroits, près de chez soi. »

C’est dans nos communautés, nos institutions et nos politiques publiques que l’égalité doit se construire au quotidien.

Justice et sécurité : essentiels pour protéger les femmes

Partout dans le monde, les femmes continuent de faire face à des défis majeurs : violences basées sur le genre, discriminations, accès limité à la justice ou aux opportunités économiques …etc.

La commémoration de cette année intervient dans un contexte international marqué par l’intensification de plusieurs conflits armés à travers le monde, dont les conséquences humaines sont dramatiques. Dans ces situations de guerre, les femmes et les enfants sont souvent les premières victimes : déplacements forcés, violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, perte des moyens de subsistance, rupture de l’accès à l’éducation ou aux soins, exploitations etc.

Ces réalités nous rappellent que la défense des droits des femmes ne peut être dissociée de la lutte pour la paix, la justice et le respect du droit international.

La sécurité, la justice et la paix sont déterminants dans la protection des droits des femmes.

Lorsqu’une femme victime de violence peut accéder à une justice équitable, lorsqu’une fille peut vivre et grandir en sécurité, lorsqu’une société condamne fermement les crimes qui portent atteinte à la dignité humaine, c’est l’ensemble de l’État de droit qui se renforce.

Dans ce domaine, nous, acteurs de la justice, de la sécurité et des droits humains ont une responsabilité particulière : garantir que la loi protège effectivement celles et ceux qui sont les plus vulnérables.

« Les droits humains sont l’expression de la justice. Sans justice, ils restent des promesses non tenues. » disait Mary Robinson.

Un engagement personnel au service de l’État de droit

Mon parcours professionnel s’est construit dans des domaines où les exigences de responsabilité, d’intégrité et de courage sont particulièrement fortes : la sécurité et la justice.

En tant que Commissaire de police, j’ai été confrontée à des réalités parfois difficiles : la criminalité organisée, la traite des êtres humains, l’exploitation des enfants, mais aussi les violences qui frappent les plus vulnérables, notamment les femmes et les filles.

Ces expériences de terrain m’ont profondément marquée. Elles m’ont surtout convaincue d’une chose essentielle : la sécurité et la justice ne sont pas des concepts abstraits. Elles sont la condition même de la dignité humaine.

Aujourd’hui, en tant que Directrice de la coopération et de l’entraide judiciaires au Ministère de la Justice et de la Législation, mon engagement se poursuit à une autre échelle : celle de la coopération entre les États.

Dans un monde où la criminalité ignore les frontières, ou certains auteurs de crimes contre les femmes sont en cavale, qu’il s’agisse de la traite des personnes, de la cybercriminalité ou du blanchiment d’argent, la coopération internationale, qu’elle soit policière ou judiciaire est indispensable à la justice moderne.

Renforcer ces mécanismes, c’est contribuer à faire en sorte que nul ne puisse se soustraire à la justice simplement en franchissant une frontière.

Le leadership des femmes : un moteur de transformation

Au fil des années, les femmes ont progressivement affirmé leur place dans des domaines qui leur étaient longtemps fermés, notamment dans les secteurs de la sécurité, de la justice et de la gouvernance.

Leur présence dans les sphères de décision n’est pas seulement une question de représentation. Elle est une richesse pour les institutions et pour les sociétés.

Lorsque les femmes participent pleinement aux décisions, les politiques publiques deviennent souvent plus inclusives, plus équilibrées et plus attentives aux réalités sociales.

Lorsque des femmes accèdent à des fonctions stratégiques, leur influence dépasse largement leur position individuelle. Elles deviennent :

  • des modèles d’identification pour les jeunes filles ;
  • des porte-voix institutionnels pour les droits des femmes ;
  • des actrices du changement normatif, capables d’influencer les lois, les politiques de sécurité et les mécanismes de protection.
  • Source d’inspiration pour les générations futures.

Dans les domaines de la justice et de la sécurité, cela peut se traduire par :

  • une meilleure prise en charge des violences basées sur le genre,
  • des politiques plus sensibles aux droits des victimes,
  • l’intégration de la dimension genre dans les stratégies de lutte contre la criminalité.

Le leadership féminin a aussi une dimension intergénérationnelle très forte.

Lorsqu’une jeune fille voit une femme occuper une fonction de responsabilité dans la police, la justice ou la diplomatie internationale, cela élargit son champ des possibles. Cela lui montre que :

  • certaines barrières ne sont pas infranchissables,
  • les femmes peuvent contribuer pleinement aux décisions qui façonnent la société.

Ainsi, chaque femme qui exerce un leadership visible ouvre la voie à d’autres.

Les femmes pionnières qui ouvrent la voie dans des secteurs stratégiques portent souvent une responsabilité supplémentaire :

  • mentorer les jeunes générations,
  • encourager la formation et la confiance en soi des jeunes filles,
  • soutenir les politiques qui favorisent l’égalité des chances.

Le leadership féminin n’est pas seulement une réussite individuelle, c’est un héritage pour les générations futures.

Chaque femme qui brise un plafond de verre transforme ce plafond en passerelle pour celles qui viendront après elle

Investir dans le leadership des femmes, c’est investir dans l’avenir de nos sociétés.

Agir aujourd’hui pour construire l’égalité de demain

Le thème « DroitsJusticeAction pour toutes » nous rappelle que l’égalité ne se décrète pas : elle se construit par des actions concrètes.

Cela implique notamment :

  • de renforcer l’accès des femmes à la justice ;
  • de lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre ;
  • de promouvoir l’éducation et l’autonomisation économique des femmes ;
  • d’encourager la participation des femmes aux processus de décision ;
  • de soutenir les initiatives qui permettent aux jeunes filles de réaliser pleinement leur potentiel.
  • Former les enfants en particulier, les filles à connaitre leurs droits et à grandir avec la conviction, qu’elles ont leur place dans ce monde et que leurs droits ne sont pas une faveur.

Chaque institution, chaque communauté et chaque citoyen a un rôle à jouer dans cette transformation.

Conclusion : un engagement renouvelé pour un monde plus juste et plus sûr

 En cette Journée internationale des droits des femmes, je souhaite réaffirmer ma conviction profonde : la promotion des droits des femmes est indissociable de la construction d’un monde plus juste et plus sûr.

Au regard de mon parcours, de mes responsabilités dans la sécurité et de mon engagement actuel au service de la justice et de la coopération internationale, je mesure chaque jour combien la protection des droits humains exige vigilance, détermination et engagement constant.

C’est pourquoi, en cette journée symbolique, je renouvelle mon engagement personnel et professionnel à œuvrer pour un monde plus juste, plus sûr et plus équitable pour toutes et pour tous.

« L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement un idéal. C’est une nécessité pour bâtir des sociétés pacifiques et durables. » dixit Michelle BACHELET.

error: Content is protected !!